Le projet était ambitieux. Techniquement, il s’agissait de manipuler des millions d’écritures. Humainement, changer les habitudes, s’approprier la méthode agile et travailler en mode collaboratif. Aujourd’hui, le contrôle de gestion de SNCF Réseau boucle le compte de résultat en deux semaines au lieu de six mois. Et il peut mieux se consacrer à son vrai métier, l’analyse des résultats.

Chez SNCF Réseau, le contrôle de gestion et la DSI ont travaillé main dans main sur le projet Anaplan. « Dans le contexte actuel, nous sommes contents de vous présenter une réussite, » n’a pas hésité à reconnaître en préambule Claude Delansay, contrôleur de gestion. Une réussite pour un projet mettant en jeu de très grosses volumétries – huit millions de données transactionnelles à gérer par an avec des référentiels d’entreprise – et impliquant une modification des méthodes de travail. « Nous avons mené ce projet en mode agile, mode qui se développe de plus en plus au sein de SNCF Réseau, explique Thierry Borel – responsable des SI contrôle de gestion & budget chez SNCF Réseau. Nous avons été à la fois capables de tenir des délais courts, moins de quatre mois, et de contribuer à accélérer un processus dans des proportions très importantes. Avoir à disposition les données permettant le pilotage des coûts du réseau ferroviaire français demandait plusieurs mois. À présent, il se fait en quelques semaines. » Le projet était une obligation, dictée par la création de SNCF Réseau suite à la réforme de 2014 qui obligeait à reconstruire le modèle de gestion.

UNE SOLUTION PERFORMANTE EN MODE SAAS

Pour Thierry Borel, Anaplan a joué un rôle important dans la réussite du projet, car centré sur les utilisateurs et assez facilement utilisable. « Cela paraît être un langage marketing, mais c’est une vraie solution, transparente, avec des règles de gestion très intelligibles, insiste-t-il. Elle a remplacé un développement à façon réalisée en PL / SQL et Reportive ainsi que des outils Excel. Nous avons aujourd’hui une vraie solution SI avec des règles de gestion de réallocation de coûts, compréhensibles à la fois par le directeur et par l’utilisateur. » Le tout avec des contraintes fortes. Le compte est fourni à la fois aux Autorités de tutelle et à l’Arafer, l’autorité de régulation des activités ferroviaires et routières. Il faut pouvoir tracer chaque chiffre, de son origine jusqu’à son apparition dans le compte par destination.

La performance est un autre point clé et Anaplan absorbe très facilement les calculs portant sur de très gros volumes, avec un réalisé qui compte cinq millions d’écritures. Enfin, le mode SaaS (Software as a Service) a permis un déploiement rapide. «Avec Anaplan, le lendemain de la signature, vous disposez d’un environnement. » Le produit bouscule des habitudes. « Anaplan était un outil avec très peu de références dans le monde des SI financiers de la SNCF, reconnaît Thierry Borel. C’est clairement le PoC (proof of concept) qui a fait basculer la décision. En cinq jours, nous avons montré ce que nous étions capables de faire. » Anaplan permet de comprendre, au sein de millions d’écritures, celles qui sont à corriger et a ainsi beaucoup accéléré les processus.

BUSINESS AT WORK COMME PARTENAIRE

« Nous avons inversé le 80-20, se réjouit Claude Delansay. Nous étions à 80 % du temps à collecter et traiter de la donnée. Maintenant la collecte et le traitement sont automatisés et nous pouvons nous concentrer sur la vraie nature d’une direction financière, l’analyse des chiffres. » Aujourd’hui, le compte de résultat par Activité est sorti en deux semaines, quand il fallait auparavant six mois. La réussite est bien celle d’un travail d’équipe. « Nous n’étions pas en silos, nous avons vraiment fonctionné de manière intégrée et avec un partenaire, Business At Work », résume Thierry Borel.

Ce projet est une première brique. Une deuxième phase a démarré au mois de mai. Elle porte sur la comptabilité de régulation, afin de mettre en face de chaque péage les coûts réels. Une réflexion est enfin menée sur la partie budgétaire pour mettre en regard le compte de résultat budgétaire et le compte de résultat réalisé. Un compte de résultat réalisé qui était jusqu’à présent produit une fois par an, qui va passer cette année en mode semestriel, avec un objectif de le produire trimestriellement en 2019, voire par la suite mensuellement.