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Cloud hybride : problématiques et facteurs de succès de la cohabitation d’architectures propriétaires

Un cloud hybride est une infrastructure cloud composée d’un cloud privé et d’un cloud public. A la différence d’un cloud public où les ressources sont partagées entre plusieurs clients, un cloud privé regroupe l’ensemble des serveurs et ressources dédiées à une entreprise. Ces infrastructures privatisées peuvent aussi bien être externalisées que on-premise.

Le cloud hybride est donc la solution technique visant à relier ces deux infrastructures cloud distinctes avec pour objectif de bénéficier des avantages des 2 approches.

Depuis 2016, le cloud hybride est en plein développement (1)*, et ce même si les entreprises semblent dans un premier temps privilégier le cloud privé (premier maillon du cloud hybride). D’ici 2022, 45 % des sociétés du secteur industriel ont prévu d’adopter le cloud hybride, contre 19 % en 2019 (2)*.

Bien que plusieurs études tendent à montrer que le cloud hybride semble être la meilleure des solutions à ce jour en matière de cloud (3, 4)*, plusieurs freins peuvent être observés pour une adoption massive de cette technologie.

Avantages et facteurs de succès

Il est indéniable que la flexibilité est l’atout premier d’un cloud hybride. La capacité d’interconnexion entre un cloud privé et un cloud public permet de transférer aisément, des données, des applications, des services de l’un vers l’autre et vice-versa en fonction des besoins. Ainsi une entreprise possédant une telle architecture hybride est à même de décider de la zone de déploiement des workloads en fonction de leur criticité ou de leur disponibilité (sécurisée vs ouverte vers l’extérieure / environnement de production vs environnement de test / persistance dans le temps vs durée limitée).

Les capacités d’élasticité d’un cloud – et ce quel que soit son type – et donc par conséquent de flexibilité sont également des critères majeurs à prendre en compte pour évaluer une infrastructure hybride. En cas de besoin rapide de ressources supplémentaires il est facile avec ce type de cloud de solliciter la partie publique pour étendre les capacités (calcul, stockage, serveurs) de la partie privée. Ainsi, pour une entreprise possédant un cloud hybride et ayant un besoin occasionnel immédiat, il est plus aisé de déclencher la mise en place un cluster de calcul ou d’analyse de données, ou un entrepôt de données (cluster Hadoop par exemple) dans un cloud public, que de déployer une telle solution dans sa propre infrastructure privée, ce qui sera nécessairement plus long, plus technique, et donc plus couteux.

Enfin la distinction entre la partie publique et la partie privée d’un cloud hybride, permet d’assurer un niveau de sécurité élevé tant au niveau des données – ce qui est sensible est stocké au niveau privé de l’infrastructure – qu’au niveau des applications. Une entreprise possédant une infrastructure hybride reste maître et décideur de son SI, et est à même de décider ce qui est public de ce qui est privé. Sur la base de l’exemple précédent du cluster de données présent dans la partie publique d’un cloud hybride, il est par exemple judicieux de conserver dans la partie privée l’exploitation et le résultat de l’analyse des données.

Du coup alors que les applications simples à transférer vers le cloud l’ont déjà été, la majeure partie des applications sont souvent maintenues sur site en raison, notamment, de problèmes de gravité des données, de souveraineté, de conformité, de coût ou d’interdépendance avec d’autres systèmes. Le Cloud hybride apporte ainsi une réponse différente aux entreprises qui cherchent à atteindre leurs objectifs de transformation dans un environnement d’exploitation informatique complexe.

Problématiques et freins

Bien que les gains d’un telle structure hybride soient évidents, il convient de remarquer que la mise en place d’un cloud hybride est une tâche hautement complexe et requiert une grande expertise ce qui en fait un projet difficile à réaliser. La complexité et les difficultés d’intégration sont les principales raisons des retards, voire des échecs, des déploiements de cloud hybride.

La mise en place d’un cloud privée nécessite d’avoir des ressources qualifiées et capables d’administrer des solutions mettant en œuvre de multiples serveurs dédiés au calcul, au stockage, et à la communication réseau. Parmi ces applications nous pouvons citer OpenStack ou Apache CloudStack, qui permettent de créer dans son propre SI un véritable cloud privé. Etant donnée la complexité d’une telle tâche, il possible d’avoir recours à un cloud privé managé par un tiers prestataire, ou d’avoir recours aux solutions propriétaires AWS Outposts, Microsoft Azure Stack ou Google Anthos qui simplifient la mise en œuvre d’un cloud hybride, sur la base d’un matériel administré dans une démarche visant à réduire la complexité et les risques.

L’interconnexion entre la partie privée et la partie publique peut également être source de complexité technique et organisationnelle. L’un des enjeux majeurs dans la mise en place d’une architecture hybride consiste à éviter de faire de cette articulation privée/publique une usine à gaz difficilement maintenable et administrable. Il convient également d’être vigilent aux échanges entre les deux clouds, et par exemple, il n’est pas rare de voir un fournisseur de cloud public changer ses API entrainant de fait des modifications sur la partie privée. La jonction entre le cloud public et le cloud privé constituant le point d’entrée vers le cœur du SI d’une entreprise, il est nécessaire de s’assurer que l’ensemble des accès soient correctement sécurisés et chiffrés ce qui rend encore plus complexe la mise en place d’un tel dispositif.

Le cloud promet de libérer le potentiel de croissance de l’entreprise tout en réduisant les coûts au minimum. Cependant, pour éviter un gaspillage de ressources et des dépenses excessives, il convient d’optimiser les applications pour le cloud en les plaçant dans le bon environnement et en conservant une visibilité sur leurs performances et leur consommation de ressources. Il est ainsi nécessaire pour une entreprise, d’avoir un composant d’orchestration capable de sélectionner en fonctions de critères de sécurité, de charge, de coût, de disponibilité ou de trafic le meilleur endroit où déployer des ressources dans le cloud hybride.

Du fait de la complexité d’une telle structure, aussi bien dans sa mise en œuvre que dans son administration et son monitoring, il est quasiment obligatoire pour une entreprise souhaitant adopter le cloud hybride, d’avoir les ressources humaines, temporelles et donc, par conséquent, financières suffisantes.

Ce que confirment l’émergence sur le marché des solutions privatives des opérateurs Cloud publics, qui malgré des technologies et des fonctions différentes, ciblent précisément les difficultés et freins des architectures cloud hybride au travers de la :

  • Simplification de la gestion et de l’architecture du cloud hybride, par le fait d’avoir les mêmes technologies sur site et hors site,
  • Réduction des risques, des coûts et des charges liées au personnel,
  • Accélération et simplification du développement des applications, en permettant aux développeurs d’être plus efficace en partageant les mêmes services et ressources sur site et hors site

Toutefois ces solutions diminuent de facto la maitrise qu’une entreprise a de son SI et par conséquent l’intérêt du cloud hybride.

 

 

* : 1 - L'usage du Cloud Hybride en France, CXP Group

* : 2 - Etude cloud hybride, Nutanix 2019

* : 3 - L'étude publiée par Nutanix fait état du fait que 91% des responsables IT des entreprises estime que le cloud hybride est à ce jour la solution idéale afin de bénéficier des avantages des deux types de cloud

* : 4 - Le cabinet d’analyse 451 Research affirme même qu’à partir de 2019, 69% des entreprises utiliseront cette infrastructure hybride.

 

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